L’écoute de nos chiens

Le langage…

Un terme qui fait polémique dans la communauté des scientifiques, des philosophes, et de biens d’autres penseurs.

En effet, toutes ces personnes ne s’entendent pas sur le mot, la définition, et les caractéristiques qui s’y attachent. Il est ainsi difficile de savoir si nous pouvons considérer qu’il existe un langage pour les êtres, autres qu’humains. Je pense aux êtres animaux et plus particulièrement aux chiens.

Le langage verbal, via la parole est très souvent l’expression de nos pensées. Comme le précise un article de Québec Science paru en 2015, ce n’est pas parce que les animaux n’ont pas la parole, qu’ils ne pensent pas.

D’ailleurs le site Le cerveau à tous les niveaux, vient préciser « Parler, c’est être capable de produire des sons reconnus par un groupe, selon des conventions établies, comme porteurs de sens. Une langue est donc un système fini d’unités sonores qui se combinent selon un ordre précis pour former des mots. Ces mots deviennent autant de symboles liés arbitrairement à des objets. Et l’enchaînement de ces mots en phrases permet de véhiculer une infinité d’informations.« 

La biologie du larynx des chiens et leur appareil phonatoire, ne leur permet pas disposer de résonnance pour produire des sons ou unités sonores, permettant de former des mots. Ils ont néanmoins la possibilité de produire des gammes de sons différents en fonction du type de vocalisation qu’ils utilisent.

Émile Blanchard,  zoologiste Français du 19ème siècle, reconnaît cependant chez divers animaux une voix articulée. Des mammifères émettent des voyelles et des consonnes, mais c’est une syllabe invariablement répétée. Mieux partagés que les mammifères, des oiseaux chantent et ils ont un petit vocabulaire : le chardonneret prononce plusieurs mots qui reviennent sans cesse dans les moments de joie ; il a un mot pour témoigner sa mauvaise humeur, un mot encore pour donner un avertissement.

Néanmoins le langage verbal via la parole, reste le privilège et le mode de communication privilégié des humains entre eux. Malgré cela il n’est pas rare, de constater qu’il peut y avoir des malentendus, des quiproquos, des imbroglios, de la confusion, des incompréhensions, pourtant nous sommes supposés partager les mêmes codes entre nous.

Alors quand on utilise cette même façon de communiquer avec nos compagnons à quatre pattes comment pensez-vous qu’ils accueillent ces monologues, parfois interminables ?

En plus de cela quand nous « parlons » à nos chiens nous utilisons parfois des intonations ou des volumes de paroles qui nous donnent l’impression que nous allons mieux nous faire entendre, qu’ils vont mieux écouter ou encore mieux nous comprendre.

Je pense qu’il est important que nous nous rappelions que nos chiens communiquent davantage en utilisant des codes non verbaux. Tous les chiens sont capables de japper, d’aboyer, d’hurler, de geindre, etc. L’ensemble de ces manifestations vocales ont des objectifs bien spécifiques et veulent dire quelque choses. Néanmoins, il ne s’agit pas de leur mode de communication privilégié.

Turid Rugaas, fut l’une des premières à identifier ce qu’elle appelle des signaux d’apaisement. Ce sont des mimiques que les chiens produisent pour communiquer un certain état d’esprit à leur environnement, intraspécifique (entre chiens) et interspécifiques (avec d’autres espèces comme nous les humains).

  • Ils nous observent à la journée longue;
  • Ils décryptent nos moindre faits et gestes et nos propres mimiques;
  • Ils ont également accès à des informations que nous ne sommes pas capables de percevoir (sons, odeurs, mouvements).

De plus leur capacité d’apprendre des mots par association, leur permet de comprendre ce que l’on attend d’eux sans avoir besoin de leur réciter des fables.

Restons clairs et simples dans l’utilisation de nos mots et utilisons ceux qu’ils connaissent et que vous leur avez appris.

Plus on parle moins ils nous comprennent. Ils vont juste parfois identifier l’un des mots connus de leur lexique dans un brouhaha de pleins d’autres mots qui leurs sont inconnus. Alors sorti du contexte, ils ne sauront pas toujours donner une signification précise et attendue à ces mots.

Quand vous dîtes « Assis » et que votre compagnon connaît le mot, c’est suffisant.

Il n’est pas nécessaire de dire :

« Allez mon p’tit loup, papa serait content que tu fasses un Assis.

Bon ! tu ne peux pas faire Assis ?

Pourtant tu connais le Assis« 

Il y a aussi le ton ou le volume de notre voix qui, en fonction de notre état d’esprit, peut changer.

 

Commencer à monter la voix et même se mettre à crier parce que vous êtes frustré car votre chien ne répond pas au commandement, ne règlera rien à l’affaire. Bien au contraire.

Soyez convaincu-convaincant !

Si vous n’êtes pas convaincu du fait que votre chien doit s’assoir lorsque vous le lui demander, il ne s’assoira pas aussi facilement. Mais si vous l’êtes, par votre posture, votre ton et votre intention, il le fera juste en le lui murmurant, et parfois même simplement en le regardant. Et oui, nos loulous lisent dans nos yeux.

Bref tout ça pour vous dire que nos codes de communication d’humains sont complexes et qu’ils viennent apporter de la complexité dans nos relations avec nos compagnons.

Leurs codes à eux peuvent être tout aussi complexes, à qui ne prend pas le temps de les comprendre. Mais si vous prenez ce temps, vous verrez, comment il est plus facile de bâtir une relation avec un chien qu’avec nos propres congénères. C’est pour cela aussi que je suis convaincu que…

…la vie est plus belle avec un Chien.

A propos Christophe Corré